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  le blog magazine du senior et de ses aides à domicile


L'édito du 15/06/19  par Marie Versuselle         le blog des salariés           à propos de

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L'employeur senior et ses aides à domicile ?
mise à jour et republication de notre article paru le 09/09/18. Cet article a touché 1400 personnes.

Rester chez soi jusqu'à son dernier souffle, chacun en rêve !
Rester chez soi, c'est d'abord quand on veillit, garder ses repères, et à un moment où on devient psychologiquement fragile, c'est reculer autant que faire se peut, l'âge fatal de la sénilité, de la redoutable maladie d'Alzheimer.

Notre société évolue, autrefois, l'activité essentiellement agricole, et artisanale faisait que l'atelier ou l'exploitation une fois transmise aux enfants, les parents partageaient le lieu de vie avec les enfants et les petits enfants. Aujourd'hui, devenus actifs les enfants s'éloignent, pour s'approcher d'un lieu d'activité favorable, les époux travaillent, dans les villes les lieux d'habitation sont exigus, héberger et s'occuper des ascendants est mission impossible, et chacun reste chez soi.

C'est un lieu commun de dire que les progrès de la médecine ont alongé l'espérance de vie, qui en Europe, est passé de 50 à plus de 80 ans en un siècle. Dans le même temps, après les deux conflits mondiaux, on a assisté, en France particulièrement, à une explosion démographique communément appelé le baby boom freiné en 1973 par les lois Weil. En résumé le nombre de vieillards augmente, les plus de 65 ans représenteront un tiers de la population dans les années 2050 et les plus de 80 ans seront multiplié par 5 pour atteindre 5 millions de personnes.

Certes, dans le même temps, on veillit mieux mais au delà de 80 ans les choses se compliquent, les premiers handicaps apparaissent, 1 million de personnes aujourd'hui sont reconnus souffrant d'un handicap nécessitant une aide pour la vie quotidienne. Sur le plan économique et humain il semble difficile de parquer des millions de personnes dans des établissements, c'est pourquoi le choix du maintien à domicile a été fait par les responsables politiques. C'est aussi le choix des seniors.

Longtemps considéré  comme des sous emplois, les emplois à domicile, dit personnel de maison, ont fait l'objet  d'une réorganisation, d'une normalisation, avec la création de représentation des employeurs la FEPEM et l'organisation de syndicats dédiés. Une convention collective a été négociée, des organismes sociaux crées  l'IRCEM  prévoyance mutuelle  retraite invalidité. L'URSSAF a créé le CESU, une réussite spectaculaire, de simplification des procédures de paie, assurant aux salariés du secteur une couverture sociale. Une formation,  des diplômes sont organisés.  On assiste aujourd'hui à une normalisation des droits des salariés du secteur.

Les baby boomers ont longtemps encombrés les emplois actifs. Obsédés par le chômage, les reponsables politiques ont pris des mesures favorables à emploi devenu créateur dans le secteur de l'aide à domicile, car quelques 50 ans plus tard les baby boomers  prennent progressivement leur retraite. La réduction d'impôt,  devenue crédit d'impôt en 2017 allège le coût des salaires et des charges. La limite de plafond à 12000 euros par an et par personne est confortable quand l'aide se limite au ménage et à l'entretien du linge, et qu'elle réduit de 50% le cout de quelques 500 heures de prestation par an soit 10 heures par semaine.  A coté des traditionnelles associations qui proposaient les services à prix serrés, cela a favorisé la création de nombreuses entreprises prestataires, dirigées par des entrepreneurs sans particulière compétence  dans les domaines du vieillissement, des ressources humaines, de la gestion, mais seulement capables de vendre des prestations à 50% de leur tarif !

Satisfaisant, en ce qui concerne l'entretien du lieu de vie les différentes mesures se révèlent insuffisantes quand il s'agit de l'aide à la personne. Sur le plan économique c'est le cas du crédit d'impôt, surtout en ce qui concerne les personnes vivant  seules au foyer qui représentent les 2 tiers des personnes aidées. Selon les assistantes de vie sociale 3 interventions d'une heure sont nécessaires à minima pour l'aide aux gestes essentiels de la vie quotidienne : l'aide au lever à une petite toilette, préparation du petit dejeuner entre 7:30 et 10 heures, aide à la préparation du déjeuner entre 11:30 et 14 heures, l'aide à la préparation du diner, à une petite toilette et coucher entre 18 et 20:30 heures, soit 21 heures par semaine : on est loin des 10 heures par semaine. Cela réduit l'intervention à 30 minutes, ce qui fait dire à Monsieur Noël Champvert "La société française traite mal ses vieux".

Seul l'emploi directe avec le CESU permet à un couple benéficiant d'un plafond de crédit d'impôt à 15000€, et d'une réduction forfaitaire des charges  d'envisager 21 heures par semaine, avec un reste à payer supportable après crédit d'impôt, le salaire et les charges avoisinant 14€. Le plafond à13500 pour une personne devenue veuf ou veuve réduit encore le nombre d'heures avec crédit d'impôt.

Pour l'AVS salarié(e) l'emploi direct présente des inconvénients, s'il réduit les déplacements le temps n'est plus payé, s'il lui permet d'organiser son planning il allonge l'amplitude à 13 heures, l'étroitesse des créneaux biologiques limite à 2 le nombre d'employeurs, le repos hebdomadaire impose une équipe de 2 salariés et ramène le temps de travail hebdomadaire à un petit temps partiel de 21 heures hebdomadaires.

Tous ces sujets sont et seront abordés et discutés dans notre blog magazine. Si des solutions peuvent être étudiées, elles seront testées, des aménagements seront suggérés. Nous vous souhaitons dès maintenant une bonne lecture.