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L'édito du 23/02/19 par Marie Versuselle         le blog des salariés           à propos de

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Le statut social c'est quoi ?
contribution de Marie Versuselle

Le Président  Macron a parlé d’un statut social pour les salariés du maintien à domicile des seniors, ne vous emballez pas, derrière ces mots pompeux se cache un grand flou...

J’aime assez la définition de Wikipédia :
Le statut social fait référence à la position sociale qu'un individu occupe au sein d'une organisation sociale donnée. Il est relié à un ensemble de droits et de normes sociales qui ont cours dans un groupe culturel donné. Certains statuts sociaux sont plus prestigieux que d'autres.

Ipso facto, ce statut social vous l’avez déjà pour le rôle utile que vous remplissez au sein de notre société en  venant en aide aux plus anciens, aux personnes jeunes et moins jeunes qui souffrent d’un handicap. C’est un rôle social par excellence !

Il est déjà reconnu de fait, le diplôme DEAES Diplôme d’Etat d’Accompagnant Educatif et Social souligne le caractère hautement social de votre profession puisqu’il “s’accompagne” du mot Accompagnant : “se joindre à quelqu’un pour aller où il va en même temps que lui” et Educatif “Guider l’apprentissage, le ré-apprentissage des facultés intellectuelles, morales et physiques.”
Le diplôme quand vous l’avez, reconnait votre compétence et votre droit d’exercer le métier, beaucoup parmi vous ont une vertu plus rare : la vocation qui donne le talent, la compétence et l’envie.

Je lis souvent dans vos publications, votre recherche de respect, nous vivons dans une société qui manque de respect. Pourriez vous me citer une personnalité aujurd’hui, qui suscite le respect, pour qui le peuple a en général de la révérence, de la déférence au delà de l’estime. Les débordements de certains gilets jaunes l’ont prouvé : pas de respect pour la gloire passée à l’arc de triomphe, pour le sacrifice des morts sur la tombe du soldat inconnu, je ne parle pas des insultes au Président qui par le suffrage universel symbolise le choix souverain du peuple. Même pas de respect pour le travail et les outils de travail des autres citoyens, quand ils brulent les voitures, dévalisent les magasins brisent les vitrines... Oubliez le respect.

Je lis aussi souvent votre sensibilité à la reconnaissance, la joie d’un sourire pour vous accueillir, d’une fleur ou d’une boite de chocolat offerte, ces petits rien qui font chaud au coeur. Mais souvent les conditions de travail qui vous sont imposées vous privent de cette reconnaissance, car vous êtes souvent, faute de temps, limite de la maltraitante, qui  vous culpabilise.

Pour un salarié, la reconnaissance s’exprime avant tout par la rémunération. Vous êtes fondés à espérer que statut social peut ne pas rimer avec revenu social. Pour la plupart au SMIC, le temps partiel place votre revenu mensuel, très fractionné,  très en dessous du SMIC.

Vous travaillez souvent auprès de personnes plus démunies que vous, et votre rémunération dépend de l’aide publique, de l’aide fiscale. Cette aide était indispensable à l’organisation du vieillissement de la population. Elle a aussi permis la création d’un nombre considérable d’emplois à beaucoup de ceux d’entre vous qui  n’aviez pas de métier, pas de formation, pas de débouchés là où vous viviez. Selon la FEPEM 1,4 millions de salariés travaillent chez des particuliers employeurs pour 420 millions d’heures et 4,2 milliard de masse salariale. Tout le problème est là, en moyenne 300 heures par an, un revenu annuel  moyen de 3000 euros, un salaire de misère, qui vient en complément d’aides versées aux salariés. Ce qui produit beaucoup d’heures non déclarées, beaucoup de “travail au gris” et fait dire à qui vous savez que beaucoup préfèrent travailler peu et “profiter” des aides, du chômage… pour arrondir leur revenu.

Bien sur, la plupart d’entre vous ne méritent pas ce soupçon et souffrent simplement du manque d’organisation de la profession, c’est pourquoi je vous invite à vous prendre en main. A chercher, choisir vos employeurs, organiser votre emploi du temps, proposer votre contrat, votre planning, votre équipe, exploiter les aides sociales et fiscales, le CESU, pour faire valoir le tarif le plus concurrentiel, avec le système administratif le plus simple et le plus sur. En un mot substituer au lien de subordination un lien de coopération.

Cela ne vous enrichira pas, mais vous vivrez mieux, vous aurez le respect de vous même.