le blog magazine du senior et de ses aides à domicile


L'édito du 02/02/19 par Marie Versuselle         le blog des salariés           à propos de

Qui sommes nous ?             historique
                 nous contacter     


A propos : Connaissez-vous le ratio de dépendance économique ?
contribution de Marie Versuselle 17/12/17
C’est le ratio de la population non productive (0-19ans, 60 ans et plus) par rapport à la population productive (20 à 59 ans).
Si la population des 0-19 ans reste stable, il est de notoriété publique que le phénomène du baby boom entraine quelque 60 ans plus tard un phénomène de papy boom. « … En 2060, 23,6 millions de personnes seraient ainsi âgées de 60 ans ou plus, soit une hausse de 80 % en 53 ans. » La population française vieillit inexorablement : « Le ratio de dépendance économique augmenterait alors de 86 en 2007 à 110 en 2035 pour se stabiliser à 106 en 2060. »[1]
Cette étude nous révèle que l’emploi du secteur de l’aide à la personne a de beaux jours en perspective. En effet, dans le même temps on constate un allongement de l’espérance de vie : « le nombre de personnes de 75 ans ou plus passerait de 5,2 millions en 2007 à 11,9 millions en 2060 ; celui des 85 ans et plus de 1,3 à 5,4 millions. »[2]
Le temps passé à la retraite tend à rejoindre le temps d’activité.
Même en espérant une stabilité de l’activité salariale, il n’est pas nécessaire d’avoir fait science Po et l’ENA pour comprendre qu’un salarié ne peut supporter un retraité sa vie active durant. Certains des candidats à la présidence laissaient même entendre que la robotisation et le développement du numérique allaient laminer l’effectif des salariés. Les plus optimistes nous expliquaient que le revenu universel pèserait négativement sur la valeur salariale.
Il se trouve que la masse salariale (effectif x valeur) permet le financement des retraites dans le système par répartition. Si l’assiette de cotisations s’effondre alors que l’effectif des ayants droits augmente, le système de la répartition explose.
« Or, depuis une vingtaine d'années, le rapport masse salariale/bénéficiaires des prestations est en déséquilibre. En cause principalement : le départ en retraite de la génération de « baby-boomers » et le chômage. Ce déséquilibre a progressivement conduit à une dépense plus importante que les recettes générées par les cotisations, et donc à la formation du « trou de la Sécu ».
Aujourd'hui, avec un montant qui s'élève à 236,6 milliards d'euros en 2014, la dette sociale (déficit accumulé) représente 11,7 % de la dette publique française (qui atteint 2 000 milliards d'euros). Le déficit de la Sécurité sociale est principalement causé par le versement des prestations et les insuffisances des recettes, non pas par le coût de gestion (seulement 3 % du déficit). »[3]
Il est déjà financé en partie  par la dette, pour en limiter les effets la durée de cotisation est allongée ce qui recule les départs en retraite. Cet artifice ne peut être utilisé indéfiniment. Pour en revenir  au ratio de 1 retraité pour 4 actifs au moment de la création du système par répartition il faudrait travailler jusqu’à 78 ans dans les années 2030.
Déjà en 1991 Michel Rocard écrivait : « Je le dis donc avec une tranquille assurance, ceux qui, pour des gains politiques à courte vue, croiraient flatter l’opinion en niant le problème, programmeraient sûrement une guerre des générations. »[4]
Les acteurs de la vie politique qui prônent le retour de la retraite à 60 ans ne sont pas sérieux, ils sont au mieux incompétents et au pire malhonnêtes. Les autres qui n’en parlent pas nous réservent un avenir abominable d’après Michel Rocard.
1 https://www.insee.fr/fr/statistiques/1281151
2 https://www.insee.fr/fr/statistiques/1281151
3 http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/10/01/
le-trou-de-la-secu-explique-en-quatre-points_4498114_4355770.html
4 http://discours.vie-publique.fr/notices/913149300.html