le blog magazine du senior et de ses aides à domicile


L'édito du 21/10/2018 par Marie Versuselle         le blog des salariés           à propos de

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Statuts du salarié du secteur de l’aide à domicile 2° secteur d’emploi en France

Contribution de Marie Versuselle :

Nous avons vu au cours de ces deux semaines que l'option du maintien à domicile d'une personne âgée réclame beaucoup de compétences, donc beaucoup d'intervenants, et par voie de conséquence beaucoup de déplacement, beaucoup de temps et d'argent gaspillé, beaucoup de fatigue pour les intervenants. C'est sans tenir compte de l'aspiration naturelle d'une personne âgée à la tranquilité, à son inadaptation naturelle au changement à l'agitation... certaines refusent d'ouvrir leur porte.

L'équipe pluridisciplinaire mise en place sans chef d'orchestre a du mal a trouver ses marques, chaque intervenant ignorant la plupart du temps les attributions de l'autre, le blog de la semaine dernière à propos du ménage et celui de cette semaine sur le domaine réservé aux soins en sont bien la preuve ! les fameux cahiers de transmission sont un placebo !

Nos responsables politiques obsédés depuis des années par le problème du chômage, n'ont pensé qu'à favoriser la création d'emploi dans un secteur en plein développpement du fait du vieillissement de la population. Ils ont appliqué les vieilles recettes de l'allègement fiscal, sans faire un effort de réflexion, d'organisation d'adaptation. Ajouter de l'argent dans un domaine sans l'organiser, revient à ajouter de l'eau dans une baignoire qui fuit !

Monsieur Pascal Champvert :"La société française traite mal ses vieux" j'ajoute et traite mal les salariés chargés des vieux, les mauvais traitements des uns se répercutant sur les autres. Les conditions de travail sont difficiles, beaucoup de déplacements, une amplitude de 12 voire 13 heures par jour, le travail le dimanche, une rémunération minimale, limitée par le temps partiel et par le pouvoir d'achat des usagers.

La réduction d'impôt favorisait la création d'emploi de femmes des ménage chez les ménages actifs qui payaient des impôts. Le crédit d'impôt depuis 2017, permet à un plus grand nombre, et en particulier aux couples de retraités de bénéficier d'un allègement de 50% du coût salaire plus charges d'une aide pour le maintien à domicile. Mais cette disposition est restée relativement confidentielle, elle aurait mérité une campagne d'explication et de publicité aux heures de grande écoute à la télévision.

En ce qui concerne les couples âgés cette aide est significative 15000€ annuel de plafond représente en emploi direct CESU 1094 heures par an à 50% d'une AVS catégorie 5 ou 21 heures par semaine juste 3 fois une heure par jour, correspondant aux rythmes biologiques lever dejeuner et diner coucher, une aide satisfaisante en présence d'un conjoint aidant. Le crédit d'impôt laisse une charge de 800€ chaque mois, supportable pour beaucoup de couple retraités. Elle est inenvisageable en mode prestataire pour la plupart des couples, 1094 heures représentent un budget de 24068€ et laissent 1380€ chaque mois à charge après le crédit d'impôt.

Le problème concerne les veufs, veuves séparés 8 cas sur 13 environ d'après les AVS le plafond est ramené à 7500€ soit 547 heures moins de 11 heures par semaine, ce qui condamne l'employeur et le salarié à des interventions de 30 minutes qui stressent le salarié, bousculent la personne aidée, et laissent un reste à charge de 800 € environ difficilement supportable pour une personne seule.

En emploi direct le temps de déplacement n'est pas payé, le salarié s'il ne peut pas regrouper ses employeurs, va privilégier des interventions d'une heure et plus ou travailler pour les prestataires qui paient les temps de déplacement au lance pierre car au delà de 20 minutes de déplacement il travaille à perte.

Si  la solution du particulier employeur est économiquement satisfaisante, les particuliers hésitent à l'adopter, car la règlementation est complexe, ils ne se sentent pas assez informés, épaulés pour ces responsabilités.

La plupart des pays industrialisés, connaissent le problème du vieillissement de la population et ont mis en place une organisation et des structures permettant un regroupement géographique, une coordination des différents intervenants, un contrôle des coûts et des résultats, une information et une médiation entre salariés et employeurs afin d'applanir les conflits.

La structure existe au sein des communes : le CCAS, il faudrait renforcer ses effectifs et ses compétences. La commune a l'avantage de la proximité, elle connait les besoins, peut animer efficacement la synergie entre les assistants de vie, les personnels médicaux médecins, infirmiers, kinés, la pharmacie... elle a déjà en charge les dossiers d'aide, elle pourrait faire l'avance des frais de formation pour favoriser l'adaptation des compétences et des besoins, elle peut aussi favoriser l'implantation des salariés en proposant des logements...

Ce travail de réflexion doit être entrepris sans tarder, le nombre de personnes de plus de 80 ans, âge de la dépendance, va être multiplié par 5 dans les 30 ans !