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    le blog magazine du senior et de ses aides à domicile


L'édito du 09/09/2018 par Marie Versuselle         le blog des salariés           à propos de

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Contribution de C. L.  auxiliaire de vie sociale

Bonjour, un petit coup de gueule que je pense d'autres partageront: Je travaille dans l'aide à domicile depuis les années 90 et suite aux lois du milieu des années 2000, on nous promettait de vrais métiers, reconnus,avec des vrais salaires et une organisation du secteur.
Plus de 10 ans ont passé, les sociétés sont nées et se sont emparées du secteur en imposant aux associations d'évoluer mais pas dans le bon sens; résultat: nos conditions de travail ne cessent de se dégrader: des temps partiels, des amplitudes horaires sur toute la journée, des temps de 30 minutes entre les bénéficiaires pour ne pas payer les inter-vacations, les déplacements pour chercher et ramener les clés non rémunérés, fin des réunions pour ne pas payer, plannings et bulletins de salaires numérisés, à nous d'imprimer, pas d'indemnités ni pour le téléphone ni pour les gants que nous achetons car il n'y en a pas toujours chez les bénéficiaires, des appels de dernières minutes pour remplacement, les sandwishs avalés pendant les trajets, le système D pour nos envies de pipis et les deux dimanches chaque mois perdus en vie de famille pour gagner...RIEN car même si on commence à 8h et termine à 20h, on réalise seulement 4 à 5 heures d' interventions majorées une misère.
Les indemnités transports pas ou mal remboursées,un bureau qui répond quand il a envie, et des coordinateurs qui sortent de l'école et ne connaissent rien ni au terrain, ni au droit du travail, à qui, en haut, on fait des promesses s'ils appliquent bien les procédures.
Et à coté des pouvoirs publics qui serrent les cordons des aides et des retraites et ferment les yeux car l'aide à domicile est un secteur qui embauche, et c'est bien de pouvoir dire qu'en France il y a des secteurs qui embauchent ! Oui mais à quel prix ?
 Aujourd'hui de plus en plus de collègues quittent le métiers car on a l'impression que nous les professionnelles formées, diplômées et compétentes on nous pousse à démissionner pour embaucher des personnes de bonne volonté, mais non qualifiées qu'on pourra mieux exploiter car elles coûtent 16 centimes de moins de l'heure qu'une assistante de vie niveau 3 titulaire d'un diplôme d'état, à savoir le fameux DEAVS. Dans ce monde cynique où le profit est roi qui s'intéresse au sort de ces petites souris laborieuses qui sont pourtant la pièce maîtresse de notre société vieillissante ? (1)

1 #expert pour tout savoir sur l'emploi à domicile le rapport de l'IGAS
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/094000475.pdf